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Fiche artiste Alela Diane


Récemment découverte sur la compilation Even Cowgirls Get Blues, Alela Diane Menig est une jeune Californienne de 23 ans dont le folk hanté et incroyablement juste fait merveille tout au long de The Pirate’s Gospel, son premier album.

Héritière de toute une lignée de chanteuses qui, à l’instar d’une Karen Dalton ou d’autres beaucoup plus anciennes, auront grandi dans l’ombre de l’histoire officielle, cette "siffleuse aux dents blanches" (elle a également sorti un EP intitulé Songs Whistled Through White Teeth) possède la grâce naturelle et le rayonnement étrange de ceux qu’on appelle les "vieilles âmes". En onze titres parmi lesquels les éblouissants "Tired Feet", "The Rifle", mais aussi "Can You Blame The Sky ?" ou le morceau titre, font figure de brûlots emblématiques, Alela Diane dévoile un univers d’une richesse et d’une singularité rares.

Originaire de Nevada City, en Californie, Alela Diane a grandi dans une famille de musiciens. "Durant toute mon enfance, explique-t-elle, j’ai été bercée par la musique que jouaient mes parents. Au départ, il s’agissait surtout de chansons folk traditionnelles. Puis, plus tard, mon père a rejoint un groupe de reprises du Grateful Dead et ma mère s’est mise à chanter en espagnol… Nous écoutions Patsy Cline, Graceland de Paul Simon… Un peu de tout, en fait." A 19 ans, lors d’un séjour à San Francisco, la jeune fille décide d’apprendre la guitare et de commencer à écrire ses propres chansons : "J’ai commencé la guitare assez tard, mais j’ai toujours chanté. Enfant, j’étais dans une chorale et je m’inventais déjà des petites chansons inspirées par ma vie de tous les jours. Curieusement, le besoin d’écrire est venu avec l’éloignement, lorsque j’ai quitté la maison familiale…"

Moins d’un an plus tard, début 2004, Alela Diane écrit les quelques chansons qui figureront sur The Pirate’s Gospel, son premier album. Elle explique : "J’ai enregistré le disque juste quelques mois après les avoir écrites. Ça me semblait naturel de le faire… D’une certaine manière, je crois que j’en sentais le besoin. Mais jamais je n’aurais imaginé que des gens, ailleurs dans le monde, finiraient par écouter ces chansons !" Enregistré dans le studio de son père, à Nevada City, ce premier disque prendra donc forme au cours de l’été 2004 : "L’enregistrement s’est fait petit à petit, pendant l’été, quand on avait un peu de temps. La plupart des chansons étaient enregistrées en une seule session. Ensuite, j’ai juste ajouté quelques chœurs d’enfants, des sifflements ou des bribes de piano ici ou là…"

D’abord distribué à ses amis et aux quelques spectateurs qui venaient assister à ses concerts, The Pirate’s Gospel a fini par faire son chemin jusqu’au Vieux Continent, où il apparaît aujourd’hui, près de trois ans après son enregistrement. Merveille de folk rudimentaire (quelques chuchotements impromptus ou clappements de mains suffisent parfois à faire passer de vrais frissons) et habité dont "Tired Feet", "The Rifle" et "The Pirate’s Gospel", les trois joyaux qui s’enchaînent dès l’ouverture, sont sans doute les meilleurs exemples, ce premier opus impose d’emblée un univers formidablement riche et contrasté où le chant clair et rayonnant d’Alela Diane occulte à peine la présence troublante d’une constellation de fantômes plus ou moins bien identifiés : "Je crois que les chansons que j’écris me dépassent un peu. J’ai l’impression qu’elles viennent d’horizons plus lointains… La plupart d’entre elles parlent du Passé, d’histoires anciennes ou de l’enfance déchue… Dans un sens, je pense qu’à travers elles je fais circuler les histoires de personnes qui ont disparu depuis longtemps et qui, donc, ne sont plus là pour les raconter. Je suppose que c’est aussi comme ça que s’est toujours développée la tradition du Folk…"

Ces derniers mois, Alela a également sorti un EP intitulé Songs Whistled Through White Teeth (et réalisé en compagnie de Mariée Sioux, également présente sur la compilation Even Cowgirls Get The Blues). Aux dernières nouvelles, elle ressentirait le besoin de retourner se fondre dans la scène musicale de Nevada City : "Ces deux dernières années, j’habitais à Portland mais, aujourd’hui, je rentre en Californie. La scène musicale est fantastique, en ce moment, à Nevada City. On y trouve une pléiade de songwriters incroyablement doués, créatifs et originaux. J’ai vraiment hâte d’y retourner !" On n’a certainement pas fini d’entendre parler de cette étonnante Alela Diane…


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Audio
   
   
   
   
   Tired Feet
   The Rifle
   Tired Feet


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Sur le webhttp://www.fargorecords.com/aleladiane/
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